La donnée… le mal de l’Opendata ?

L’Opendata aujourd’hui. Il faut se l’avouer, nous sommes sur un faux plat. Pas grand chose en terme de nouveauté.

La faute à qui ?
On va me dire « aux politiques qui ne se sont pas encore appropriés le sujet*». Certes mais pas seulement.
C’est aussi le manque de données qui pose potentiellement problème. Mon engagement sur plusieurs projets me fait dire que nous sommes allés peut-être trop vite dans leur mise en place. En effet, la solution technique n’est pas un problème en soi. Comme je le dis souvent : « un projet Open Data est tout sauf un projet technologique ». Il existe plusieurs solutions d’implémentation, propriétaires ou disponibles en Open Source et il est facile (plus ou moins) de les mettre en place pour avoir rapidement un site de publication de données. Mais une fois la solution technique opérationnelle, encore faut-il des données à publier. Certes, au début, dans la majorité des cas, il a été relativement aisé de récupérer des données, dans un état plus ou moins bon en terme de qualité, mais on a réussi à publier quelques jeux de données. C’est ensuite que le bât blesse. Pour obtenir d’autres jeux de données, si on n’a pas un soutien et une volonté des politiques, c’est la croix et la bannière, même si c’est moins vrai pour les données cartographiques.

Pourquoi ?
Pour ma part je dirais : parce que nous sommes partis bille en tête sur les projets sans prendre le temps de conscientiser les producteurs de données, les politiques, les directions de la communication, … (bref, tous ces acteurs dont dépend le succès d’un site Open Data) aux bénéfices de l’ouverture des données. Nous avons minimisé cette phase de conscientisation. Et je l’avoue, moi le premier. Mais ça c’était avant !

Quoi faire ?
Il faut, avant de se jeter dans le projet technique, prendre le temps de sensibiliser, éduquer pour faire accepter le fait que des données produites en interne vont se retrouver disponibles à tous et pour un usage dont personne ne sera maitre. Les producteurs ont peur. Il faut travailler avec eux pour lever cette crainte. Il faut partager avec eux les bénéfices associés à la libération des données, bénéfices que vont en tirer les citoyens, entreprises, développeurs,… mais aussi les agents. Et surtout il ne faut pas hésiter à dire qu’il y aura “un peu” de travail à faire sur ces données avant qu’on puisse les publier (c’est souvent la direction informatique qui s’en charge) et qu’elles soient utilisées :

  • Lister les données
  • Vérifier qu’on a bien le droit de les publier
  • Définir leur carte d’identité avec par exemple : la date de publication des données, la fréquence de rafraîchissement, la définition des colonnes, …
  • Valider le mode d’extraction et de mise à jour
  • Nettoyer les données pour une meilleure qualité
  • Travailler sur les colonnes pour que les données puissent être intégrées à une base de données (pas de doublon, pas d’espace dans les noms de champs, …) si l’on choisit de les rentre accessible en OpenAPI (ce que je recommande très fortement)

Alors oui, même si l’implémentation technique est très rapide, un projet Open Data demande du temps. Je sais qu’à notre époque il n’est pas toujours facile de prendre du temps, la productivité/rentabilité étant ce qui nous dirige. Mais, comme dans l’agriculture, il faut savoir semer pour récolter…les données.

Pour résumer, ne sous-estimez pas cette phase au combien importante de conscientisation qui vous permettra par la suite d’obtenir relativement facilement des données pour alimenter votre site en données. Car sans Data, pas de chocolat ! 
Et si cette phase n’a pas été menée au début du projet, il n’est jamais trop tard pour le faire. Mieux vaut tard que jamais !

*sur ce thème, je voudrais partager une réflexion de Jérémie Valentin, chef de projet Opendata à la ville de Montpellier, faite lors de la dernière réunion “Observatoire de l’Open Data et de la concertation” menée par Décider ensemble: “le pourcentage de données cartographique sur un site Opendata est inversement proportionnel à l’investissement des politiques sur le sujet“. J’adhère totalement à cette très juste réflexion.

About Fredrom

Après avoir travaillé plus de 22 ans chez Microsoft, dont 4 sur l'Open Data, j'ai décidé qu'il était temps pour moi de proposer mon expérience et expertise au travers de ma propre structure. J'ai donc créé la société TELISoft dont la mission principale est d'accompagner les projets Open Data et de proposer une solution en ligne Open Data (mode SaaS) ... En parallèle, je me suis associé avec AXISCOPE pour développer une solution de Démocratie Participative disponible en ligne. C’est un autre sujet qui me tient à cœur, principalement en tant que conseiller municipal depuis 2001.
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